Les fondements bibliques de l'action sociale. |
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| Bases fondamentales: Notre Dieu est un Dieu d’amour ! 1. C’est par amour qu’il nous a créés. Nous avons ainsi l’honneur d’être à son image. (CREATION) 2. C’est par amour qu’il nous a communiqué sa pensée, au travers de la Loi, du témoignage et de l’enseignement de son Fils. (EDUCATION / LOI) 3. C’est par amour qu’il a donné son Fils, son unique (Jn 3 v. 16). (DON) 4. Et toute la pensée de Dieu est amour et se résume dans les propos de Jésus (Matthieu 22 v. 37-40) : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu... et voici le commandement qui vient au second rang et qui est semblable au premier : tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (ACTION) |
| L’intention de Dieu Dieu n’est pas un bricoleur ! Il est créateur, et si le péché est venu gâcher sa création, Lui n’en a pas moins un sens divin de la perfection. Alors, parce qu’Il est amour, Dieu va s’employer à répondre, mais aussi à devancer les problèmes humains et sociaux que sa créature, conçue à son image, va rencontrer sur cette terre. Il s’intéresse aux malades: Le psaume 41 v. 4 nous précise que « l’Eternel viendra l’assister quand il sera malade ! ».Dieu est le premier secouriste, le meilleur infirmier ! « C’est Lui qui guérit toutes tes maladies ! » (Psaume 103 v. 3) Quand Il inspira le prophète Esaïe, Il lui fera annoncer « Il s’est chargé de nos maladies ! » en parlant du Christ à venir (Esaïe 53 v. 4). Et Jésus, s’identifiant aux malades, proclamera ce texte prophétique (Matthieu 25 v. 31 et suivants): « J’étais malade et vous m’avez visité ! » Dieu s’intéresse aussi à la personne handicapée : « Alors les yeux des aveugles se mettront à voir clair, et les oreilles des sourds se mettront à entendre. Alors les boiteux bondiront comme des cerfs et les muets exprimeront leur joie ! » (Esaïe 35 v. 5-6) « Tout le monde était là, les aveugles, les boiteux, même les femmes enceintes et les accouchées. Mon peuple revient au grand complet ! » (Jérémie 31 v. 8) |
| La faiblesse Beaucoup de passages bibliques vont signaler l’attention de Dieu aux plus faibles de ce monde. « Tu as été le refuge des faibles, oui le refuge des malheureux, quand ils étaient dans la détresse... » (Esaïe 25 v. 4) Pour Dieu, la pauvreté est aussi faiblesse : « Je vous ai montré en tout qu’il faut travailler ainsi pour venir en aide aux pauvres, en nous souvenant des paroles que le Seigneur Jésus lui-même a dites : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ! » (Actes 20 v. 35) « Faites plutôt droit au faible, à l’orphelin, rendez justice au pauvre, au misérable. Relâchez le faible et le malheureux, arrachez-le aux griffes des méchants. » (Psaume 82 v. 3-4). |
La pédagogie de Dieu Quand Dieu éduque son peuple, Il lui enseigne de prendre en compte le plus faible, le plus petit ! « Vous ne devrez pas maltraiter ou exploiter les étrangers installés chez vous ; rappelez-vous que vous étiez aussi des étrangers en Egypte. N’opprimez pas non plus les veuves et les orphelins... » (Exode 22 v. 20 / 23 v. 9) « Si vous prêtez de l’argent à un compatriote pauvre, n’agissez pas comme les autres créanciers, ne lui réclamez pas d’intérêts... » (Principe biblique du Jubilé : annulation des dettes - Exode 22 v. 24-26 ; Lévitique 25 ; Deutéronome 15 ; Néhémie 5, etc.) « La 7° année, vous devez laisser le sol complètement au repos. Vos compatriotes pauvres y trouveront de quoi se nourrir. » (Exode 23 v. 11) « ... le 7° jour vous cesserez toute activité, afin que ...les serviteurs et les étrangers puissent reprendre haleine ». ( Exode 23 v. 12) Quand Dieu établit les sacrifices qu’il attend de son peuple, il prévoit le sacrifice des pauvres ! (Lévitique 5 v. 7-13). Joseph et Marie qui n’étaient pas fortunés, appliquèrent ce principe lors de la présentation de Jésus (Luc 2 v. 22-24) La pensée du plus petit devait rester constante dans l’esprit de l’homme : « Quand vous moissonnerez... vous ne retournerez pas ramasser les épis oubliés... Vous les laisserez pour les plus pauvres et les étrangers. » (Lévitique 19 v. 9-10; 23 v. 22) Ruth et Noémie profitèrent de cette règle divine ! (Ruth 2 v. 2) Lévitique 19 v. 14 nous souligne le respect que Dieu attendait à l’égard des personnes handicapées: « N’insultez pas un sourd et ne mettez pas d’obstacle devant un aveugle » - des vieillards (v. 32) « Levez-vous avec considération devant un vieillard». La préoccupation de l’étranger revient souvent : « Quand un étranger viendra s’installer dans votre pays, ne l’exploitez pas ; au contraire, traitez-le comme s’il était l’un de vos compatriotes : vous devez l’aimer comme vous même !... » (Lévitique 19 v. 33) « Vous aurez une seule et même législation pour les étrangers et pour les Israélites, car je suis le Seigneur votre Dieu . » (Lév. 24 v. 22) Le pauvre a sa place dans les pensées de Dieu : « Quand un de vos compatriotes tombé dans la misère ne pourra plus tenir ses engagements à votre égard, vous devrez lui venir en aide, afin qu’il puisse continuer à vivre à vos côtés. Vous agirez de même envers un étranger installé dans votre pays. » (Lévitique 25 v. 35 - 25 v. 39) |
| La loi d’amour de Dieu « Il est le Dieu des dieux... Le Dieu grand, puissant et redoutable, qui n’avantage personne et ne se laisse pas corrompre par des cadeaux. Il prend la défense des orphelins et des veuves, et il manifeste son amour pour les étrangers installés chez vous, en leur donnant de la nourriture et des vêtements. Vous donc aussi, aimez les étrangers qui sont parmi vous... » (Deut. 10 v. 17-19) « Il y aura toujours des pauvres dans votre pays, c’est pourquoi je vous commande d’être généreux envers vos compatriotes malheureux et pauvres. » (Deut. 15 v. 11) Les fêtes sont pour tous: « Vous serez pleins de joie, vous (homme et femme), vos enfants, vos serviteurs et vos servantes, ainsi que les Lévites, les étrangers, les orphelins et les veuves qui vivent parmi vous. » (Deut. 15 v. 11) L’esclave est aussi considéré par Dieu: « Si un esclave s’enfuit de chez son maître et cherche refuge dans votre pays, vous ne le ramènerez pas à son maître. Il doit pouvoir s’installer parmi vous, à l’endroit qu’il désire, dans la ville qui lui convient. Vous ne l’exploiterez pas . » (Deut. 23 v. 16-17) Ne pas exploiter, ne pas profiter ! « Ne profitez pas de la pauvreté ou de la misère d’un ouvrier... » (Deut. 24 v. 14) Dans les 12 malédictions que Dieu énonce - Deut. 27 v. 14-26) - Dieu prend en compte les « petits » ! v.18: « Maudit soit celui qui indique la mauvaise route à un aveugle. Et tout le monde répondra: Amen ! Maudit soit celui qui fausse le cours de la justice à l’égard d’un étranger, d’un orphelin ou d’une veuve. Et tout le monde répondra : Amen ! » Dans son infinie sagesse, Dieu prévoit même l’accueil et la protection des meurtriers involontaires (homicides involontaires): « Vous choisirez certaines villes comme villes de refuge. Là pourra s’enfuir celui qui aura tué une personne accidentellement. » (Nombres 35 v. 11 - Deut. 9 v. 2-7 - Josué 20 v. 1-9) |
| Dieu de justice Dieu se fâche contre ceux qui « ne rendent pas la justice, et qui ne font pas droit à l’orphelin... Ils ne tiennent aucun compte des droits du pauvre ! » (Jérémie 5 v. 28) Quand Dieu se fâche contre les rois de Juda, ses reproches sont en faveur des petits de ce monde: « Rendez une vraie justice, arrachez aux exploiteurs ceux qu’ils sont en train de dépouiller. Ne profitez pas de la faiblesse de l’immigré, de l’orphelin ou de la veuve, pour leur extorquer ce qu’ils possèdent. » (Jérémie 22 v. 3) Quand Dieu accuse Jérusalem, en Ezéchiel 16, il la compare à Sodome et aux localités voisines: (v. 49) « Voici quelles furent leurs fautes: elles ont vécu dans l’orgueil, le rassasiement et une tranquille insouciance; elles n’ont pas secouru les pauvres et les défavorisés. » « Quelle est la conduite juste que le Seigneur exige des hommes: il vous demande seulement de respecter les droits des autres, d’aimer agir avec bonté et de suivre avec soin (ou humblement) le chemin que lui, votre Dieu, vous indique. » (Michée 6 v. 8) « Rendez des jugements équitables, conduisez-vous les uns envers les autres avec amour et bonté. N’opprimez ni les veuves, ni les orphelins, ni les étrangers, ni les pauvres. Ne projetez aucun mal les uns à l’égard des autres » (Zacharie 7 v. 9b-10) Quand Dieu conseille le Roi, que lui dit-il (Prov. 31 v. 8): « Tu dois parler pour défendre ceux qui n’ont pas la parole et pour prendre le parti de tous les délaissés. Parle en leur faveur: gouverne avec justice, défends la cause des pauvres et des malheureux. » Et le portrait de la femme vertueuse (v. 20): « Elle tend une main secourable aux malheureux, elle est généreuse envers les pauvres. » L’incident relaté dans le livre de Néhémie Ch. 5 v. 1-13 nous confirme à quel point Dieu est soucieux que la justice sociale règne entre les hommes. (hypothèque des champs, vente des fils et des filles) |
| L’avènement du Fils sur la terre Beaucoup de traits de la pensée de Dieu vis-à-vis des « petites gens » se retrouvent avec l’avènement de son Fils sur la terre. Fils d’une modeste jeune fille, Marie, ayant pour père terrestre un simple charpentier, Jésus naît en pleine occupation. Son peuple a connu la défaite devant l’envahisseur romain, ses « parents » sont contraints de laisser maison et berceau préparés à Nazareth pour s’exiler à Bethléem. Là, leur bourse ne peut leur ouvrir la porte des auberges bondées, malgré la grossesse en phase terminale de Marie. C’est dans une étable que le Fils de Dieu est né. Dès le départ parmi les pauvres ! Pas à Jérusalem, la cité du temple, du palais royal, mais dans un petit village ! Sociologiquement, économiquement, politiquement, Dieu s’est placé d’emblée du côté des pauvres, des faibles. Si l’on excepte les mages, des étrangers, le premier entourage de Jésus n’aura été composé que de modestes bergers. Et très vite, Jésus se retrouve enfant de réfugiés, en Egypte s’il vous plaît, pour éviter d’être massacré à Bethléem ! (Matt. 2 v. 16-18) Réfugié pour ne pas être martyr, voilà le début de la vie terrestre du Fils de Dieu ! Les évangiles signalent tous d’emblée l’engagement volontairement social de Jésus. « Jésus allait dans toute la Galilée; il enseignait dans les synagogues de la région, proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissait les gens de toutes leurs maladies et de toutes leurs infirmités. » (Matt. 4 v. 23-24) Prenons par exemple l’évangile de Marc: Ch. 1 v. 21 Guérison d’un homme possédé, puis v. 30 la belle-mère de Pierre qui était fort malade, puis v. 34 guérison de bien des gens souffrants de diverses maladies ou de possessions, ensuite ce fut le lépreux. Tout ça dans le 1° chapitre ! Et le 2° débute avec la guérison d’un paralytique ! Dans l’évangile de Luc, c’est Jean-Baptiste qui devance Jésus par sa prédication en exhortant les foules (Ch. 3 v. 10): « Les foules lui demandèrent alors: que devons nous faire ? Il leur répondit: Celui qui a deux chemises doit en donner une à celui qui n’en a pas et celui qui a de la nourriture doit la partager ! » Quand au premier sermon de Jésus après le baptême et le séjour au désert, c’est l’évocation personnalisée d’Esaïe 61 v. 1-2: « L’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a choisi pour apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour proclamer la délivrance aux prisonniers et le don de la vue aux aveugles (nous oublions souvent que la vue, comme bien d’autres facultés physiques (mais aussi mentales) est un don de Dieu)... pour libérer les opprimés, pour annoncer l’année où le Seigneur manifestera sa faveur. » Selon l’évangile de Jean, Jésus a débuté son ministère aux noces de Cana. Là encore - préoccupation du bien-être du prochain ! Jésus, Fils de Dieu, était fait de cette trempe d’homme qui respirait au rythme du cœur des autres, qui souffrait avec ceux qui pleuraient et se réjouissait avec ceux qui étaient dans la joie ! Et tout son ministère, ses paroles comme ses actes sont imprégnés de cette dimension. Dieu aime pleinement l’homme, et l’homme dans ses trois dimensions: corps - âme - esprit ! et il s’en préoccupe constamment tout autant ! Le coeur de Jésus était plein de compassion pour les foules qu’il voyait. C’est dans ce contexte qu'il dira: « La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers ! » Et quand Jean-Baptiste enverra ses disciples interroger Jésus, celui-ci répondra: « Allez raconter à Jean ce que vous entendez et voyez: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts reviennent à la vie et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ! » Quel témoignage de l’engagement social de Jésus ! Les préoccupations de Jésus: Il se préoccupait en permanence de ceux qui souffraient: « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerai du repos. » (Matt. 11 v. 28) Et devant la foule affamée, Jésus va multiplier les pains et les poissons (Ch. 14 v. 13). |
| Le renouvellement de nos mentalités Jésus n’a jamais cessé de prêcher, de guérir, de délivrer, de secourir. Il appliquait à lui même deux de ses propos essentiels: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur,... et ton prochain comme toi même » (Matt. 22 v. 37-39) mais aussi: « Si quelqu’un veut venir avec moi, qu’il cesse de penser à lui même, qu’il porte sa croix et qu’il me suive » (Matt. 16 v. 24). On ne peut pas aimer l’autre sans renoncer quelque peu à soi-même ! L’un ne va pas sans l’autre ! Deux formules se présentent à nous: « Après moi le déluge ! » (Louis XV, Roi de France) ou « Messire Dieu premier servi » (Jeanne d’Arc). |
| Les comptes Jésus prévient que des comptes nous seront demandés sur nos comportements vis à vis de nos semblables au grand jour du Jugement dernier. C’est la parabole des talents (Ch. 25 v. 14 et suivants) qui suit la parabole des dix vierges et qui précède le récit du jugement dernier (v. 31 et suivants) qui n’est pas une parabole. (lire Matt. 25 v. 31 à 46) Citation de Charles Baudelaire : "Sache qu'il faut aimer, sans faire la grimace, le pauvre, le méchant, le tortu, l'hébété, pour que tu puisses faire à Jésus, quand il passe, un tapis triomphal avec ta charité." |
| Conclusion * Toute la pensée divine est imprégnée de la considération de l’homme dans son être entier, corps (physique), âme (psychique), esprit (spirituel). * L’amour du prochain s’exerce de façon concrète ou il n’existe pas ! (1 Jean 3 v. 18) * Ceux qui ont le plus besoin des autres sont les plus faibles. Notre place est à leur côté ! « Si nous voulons suivre Jésus, et marcher sur ses traces, nous devons saisir toutes les occasions de « faire du bien ». Nos oeuvres de compassion montreront la réalité de notre amour, et notre amour montrera la réalité de notre foi ! » John STOTT JR Yapoudjian. Formateur à l'ASEv. février 2004 |
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