Le témoignage chrétien dans le travail social |
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| Il n'est pas toujours facile de témoigner dans le cadre professionnel. A-t-on le droit de le faire ? Y a-t-il des réserves sur le plan éthique ? Les réponses à ces questions peuvent être sensiblement différentes selon qu’on travaille en milieu laïc ou dans une institution qui fait explicitement référence à la foi chrétienne. Le désir de témoigner peut être une motivation pour exercer dans le domaine social. Mais il ne peut ni ne doit être la motivation principale. En effet, il conduirait à subordonner la qualité de notre service à l'ouverture à l'Evangile des usagers et des personnes que nous côtoyons, et au contraire à se désintéresser de ceux qui restent fermés à l'Evangile. Sans témoignage, on risque de faire un travail de qualité, mais en passant à côté de notre mission en tant que chrétien, de laisser la place à d'autres influences qui peuvent être néfastes. Pour nous-mêmes, on risque de devenir toujours plus professionnels et en régressant spirituellement. A l'inverse, le témoignage sans un travail professionnel de qualité risque de donner une image négative de l'Evangile, d'en éloigner les gens. On peut alors se donner l'illusion de servir le Seigneur, mais il manque le label de qualité qui rend digne d’être écouté. Finalement, il n'y pas de fruit et là encore risque de régression spirituelle. AUPRES DE QUI TEMOIGNER ? C'est là que se présente la première difficulté. On ne peut évidemment pas témoigner de la même façon suivant le contexte dans lequel nous nous trouvons et les gens à qui nous nous adressons. Dans un cadre laïc, on ne peut témoigner directement auprès des usagers du message de l'Evangile, même si certaines formes de témoignage peuvent parfois rester possibles à condition de respecter quelques réserves déontologiques. De fait, les usagers sont souvent en situation de dépendance par rapport au travailleur social qui a été désigné et qu’ils n’ont en général pas choisi. Or, l’Evangile doit pouvoir être accepté en toute liberté, sans aucune pression, ni matérielle ni psychologique, ce qui n’est pas le cas avec un travailleur qui a reçu un mandat de la société pour intervenir, ou qui a le pouvoir de faire obtenir diverses aides sociales. Du côté du travailleur social, il y a risque de conditionner l’aide à l’écoute de l’usager, de favoriser celui qui manifeste de l’intérêt pour l’Evangile. Du côté de l’usager, il y a un risque de confusion des rôles. D’un côté comme de l’autre, il y a un risque de manipulation consciente ou inconsciente. Le mieux est de ne jamais aborder le premier les questions religieuses, mais d’y être attentif pour être toujours prêts à y répondre tout en respectant les usagers et ce qu’ils croient. Il est plus facile, dans ce contexte, de témoigner auprès de collègues de travail avec lesquels se nouent souvent petit à petit des relations plus amicales que professionnelles, à condition toutefois que notre langage religieux excessif n’indispose pas et ne provoque pas le discrédit sur nos paroles. C'est peut-être un peu plus facile dans un cadre chrétien, nettement repéré comme tel, mais ce n'est pas toujours vrai. Le milieu chrétien comporte des sensibilités diverses, des expressions diverses de la foi. La Bible nous donne bien l'exemple de Paul et Pierre en désaccord sur des problèmes de témoignages auprès des non-Juifs. C’est seulement lorsque nous avons fait la preuve de notre qualité professionnelle que nous pouvons parfois aller un peu plus loin et faire état de notre foi auprès de notre hiérarchie, des familles, des partenaires de l’institution. En fait, c’est toujours une fois que se sont noués des liens qui ne se limitent plus au strict cadre professionnel que cela devient possible. LE CONTENU : DE QUOI TEMOIGNE-T-ON ? Le mieux est de toujours susciter la curiosité, car les gens sont toujours plus attentifs à ce qu’ils ont envie de savoir qu’à toutes les vérités que nous pouvons leur asséner. En réponse à leurs interrogations, on peut parler de notre relation à Dieu, des conséquences qu’elle a dans notre relation aux autres, de ce que nous croyons, de l'action de l’Esprit dans notre vie, de l'amour de Dieu pour nous et pour les autres, du salut en Jésus-Christ, de la Parole, vérité et fondement de notre vie. Il faut montrer, mais surtout ne pas essayer de convaincre. On n’est pas dans le rôle d’un pasteur ou d’un évangéliste. Si une personne est intéressée, il est toujours possible de lui suggérer d’aller ailleurs approfondir ses connaissances. D’une part, elle y sera plus libre et d’autre part, si elle prend une décision, le travailleur social, lui, restera dans sa neutralité professionnelle LES FORMES DE NOTRE TEMOIGNAGE Le témoignage verbal direct est normal auprès de gens qui attendent un conseil spirituel, ou bien si nous sommes repérés comme ayant une responsabilité spirituelle (pasteur, conseiller ou participant à une campagne d'évangélisation, engagé dans une activité d'église, animateur dans un camp biblique, aumônier, etc). Ce n’est pas le cas dans le travail social où cette forme de témoignage me semble à éviter a priori surtout auprès des usagers, pour les raisons que j'ai donnéesplus haut, sauf s'il s’agit de répondre à des interrogations suscitées par d'autres formes de témoignage. Même en dehors des usagers, commencer par le témoignage verbal direct, c'est prendre le risque de passer pour un illuminé, de se donner en modèle, d'être observé et critiqué, de décevoir les gens, et finalement de trahir le message que nous voulons transmettre Le témoignage direct non verbal : autocollant, Bible sous le bras, uniforme (Armée du Salut, tenue de diaconesses), badge... Cette forme n’est possible que dans un certain cadre institutionnel qui le permet. Elle n’est pas toujours possible en milieu laïc Le témoignage indirect par nos œuvres ou notre façon d'être. C’est le plus efficace car c’est lui qui permet de susciter la curiosité et l’attente d’explications chez les gens qui nous voient vivre : l'amour et les fruits de l’Esprit que nous manifestons, le renouvellement de nos forces, notre calme malgré la pression, la qualité de notre travail, le respect réel des autres, la vie dans la vérité, l’authenticité: être naturel, spontané. Il doit y avoir un équilibre entre les différentes formes de notre témoignage, notamment entre les actes et les paroles, « une grenade, une clochette » (Exode 28:34 et 39:26). N’oublions pas que nous n’avons jamais à convaincre, mais que c’est l’action du Saint-Esprit qui accompagne notre témoignage PROBLEMES POSES PAR LE TEMOIGNAGE: Les problèmes d'éthique: Dans le travail social, on peut être confronté à des positions éthiques que nous ne pouvons pas approuver, par exemple par rapport à l’avortement, la sexualité. Il faut savoir défendre nos opinions, essayer de les faire partager, sans pour autant juger et condamner ceux qui pensent autrement. Accepter l'autre tel qu'il est ne signifie pas approuver tout ce qu'il dit et fait. Mais ne pas proférer des paroles de jugement, le respect de l'autre et de ses valeurs mêmes différentes des nôtres, peut être le moyen de garder le contact et d'aller plus loin dans notre témoignage auprès de lui. Le prosélytisme : L'enfant, le handicapé, la personne assistée est par rapport à nous dans une situation de dépendance. Témoigner, c'est informer sans imposer, sans exercer de pression psychologique. La conversion, c'est une décision prise librement. Le désir de témoigner ne remplace pas la compétence. Il n'est pas une excuse à l’insuffisance ou au défaut de formation. Le témoignage est une pédagogie puisqu'il s’agit de faire passer le mieux possible un message. Comme dans toute relation pédagogique, il vaut mieux donner envie, susciter l'interrogation, faire découvrir, plutôt que imposer ou parler en premier |
| Devise: 1 Pierre 3:15 : « Mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous » |
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