La dépendance

 
Ce terme est surtout utilisé pour la toxicomanie, mais aussi pour de nombreux autres comportements. C'est dans la nature déchue de l'homme d'être esclave de quelque chose (souvent du moi) et seul Jésus-Christ en affranchit vraiment.
Jean 8:36 : "Si donc le Fils vous rend libres, vous serez réellement libres" (libres en devenant obéissants à Dieu...dans une famille, plus les enfants sont obéissants, plus les parents leur accordent de liberté).
Chaque dépendance (parfois physique ou plus souvent psychologique) a ses caractéristiques : alcool, drogues dures ou "douces", dépendances sexuelles, comportements compulsifs, dépendance excessive à la famille, aux forces occultes, à la télévision, à internet, au travail, au jeu, ou à l'argent...
Les dépendances en engendrent d'autres : dealer, prostitution, dépendance au "milieu" qui relance ceux qui veulent s'en sortir ! Quelles que soient leurs manifestations particulières, les racines, les comportements, les rituels et les souffrances suivent un même schéma, de même que le chemin qui mène de la liberté à l'esclavage.

DEFINITIONS
Une personne dépendante est excessivement attachée, asservie à certains comportements, choses ou personnes (elle est possédée par le besoin impérieux d'une substance (=appétence), d'une relation destructrice, d'un comportement), elle présente une absence de contrôle et elle cède de manière compulsive et habituelle à ce désir. La privation de ce désir peut entraîner des effets psychologiques. Cette personne est prête à sacrifier famille, travail, sécurité économique, santé... pour sauvegarder sa dépendance psychologique ou physiologique, ce qui la culpabilise beaucoup (sa culpabilité aggrave son angoisse et augmente sa recherche d'un soulagement dans sa dépendance).
Le terme addiction devrait être limité au diagnostic de dépendance d'une substance avec dépendance physique ou physiologique tel qu'il est défini dans le DSM4:
o la substance est utilisée pour ses effets psychotropes et ces effets s'épuisent au fur et à mesure de leur utilisation (assuétude, accoutumance). Le tempérament toxicophylique est la tendance d'un individu à s'appuyer sur une substance pour obtenir soit un soulagement, soit un effet de bien-être, soit une fuite loin de soi-même et de ses problèmes (émotions négatives, souffrances). La dépendance épuise le désir et le patient doit augmenter ses doses pour ressentir les mêmes effets.
o la cessation de la prise, l'abstinence s'accompagne d'un "syndrome de sevrage".
o la prise de la substance a des effets délétères.
IL Y A UNE DEPENDANCE UTILE DANS LA PEDAGOGIE DE DIEU
L'être humain doit apprendre l'obéissance et la soumission (il ne peut pas répondre seul à tous ses besoins, dès l'enfance il doit être préparé à mourir à lui-même pour une nouvelle naissance en Christ et une vie d'obéissance à Dieu) :
dans l'enfance ,pour se préparer à la vie relationnelle, familiale et sociale,
puis dans la vieillesse (cf. Pierre dans Jean 21:18), pour se sanctifier encore et se
préparer à rencontrer Dieu,
mais aussi à tous les stades de la vie...
Pour avoir de l'autorité, des responsabilités, il faut déjà avoir appris la soumission et l'humilité. L'interdépendance bien comprise est un signe de maturité. Matthieu 20:27 : "Quiconque veut être le premier parmi vous sera votre esclave". C'est aussi ce que Paul a dû apprendre avec son écharde... "afin de ne pas s'enfler d'orgueil".
Nous dépendons d'autorités et l'interdépendance, la solidarité sont universelles :
dans la société (Prov. 11:29 : "L'insensé sera esclave de l'homme sage". Le sage devrait avoir l'autorité, le pouvoir politique et judiciaire),
dans la famille (en particulier si une personne est handicapée ou malade),
dans l'église (un membre ne peut pas dire à un autre, "je n'ai pas besoin de toi" – 1 Cor 12:21).
L'autonomie est une illusion (souvent retrouvée à l'adolescence), nous sommes dépendants à tous les niveaux :
au niveau du corps : nous avons besoin d'eau, d'air, de nourriture, de nombreuses drogues naturelles, de médicaments parfois (insuline, antidépresseurs, neuroleptiques...). Jésus a refusé le mélange analgésiant de vin et de myrrhe (Marc 15:23)... Un traitement ne devrait pas être galvaudé, banalisé ! Si la nature nous offre des drogues variées et puissantes, nous devons en faire usage avec sagesse, sans abus. "Tout a été créé pour un but" : l'opium pour des douleurs intolérables, la cocaïne comme anesthésique, le haschich pour certains vomissements dans les chimiothérapies etc... On ne résout cependant pas ses problèmes de vie avec des drogues ! Dieu brise ainsi notre orgueil, notre autonomie excessive en nous faisant réaliser combien nous sommes dépendants et combien nous avons besoin de Lui.
au niveau de l'âme : besoins affectifs, intellectuels, moraux, sociaux, de parents, d'amis, d'amour... Sans relation trop fusionnelle (rôle du père pour éviter les troubles de la communication).
au niveau de l'esprit : nous dépendons de Jésus-Christ (Jérémie10:23 : "La voie de l'homme ne dépend pas de lui") ou des "citernes crevassées" des philosophies (humanisme, matérialisme, hédonisme, relativisme...), religions, psychologies (Lam. 5:8 : "Des esclaves dominent sur nous")... des idoles (le moi), de Satan. Jésus est-il vraiment ton maître ?
LES DEPENDANCES EXCESSIVES
Inutiles, coupables, elles conduisent dans des mécanismes de fuite, de mensonge et de violence... Dieu voudrait nous en délivrer. Avec Jésus-Christ, l'esclavage n'est plus une fatalité. Nous devons apprendre à dire non au péché (=responsabilité vis-à-vis de Dieu), pour plaire à Dieu (Rom 8:8 : "Ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu"; 1Thes 2:4 : "Nous parlons, non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à Dieu" ;1 Thes 4:1 : "Vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire et plaire à Dieu").
Jean 8:34 : "Quiconque se livre au péché est esclave du péché" Rom 6:6, 16, 18, 22 : "Pour que nous ne soyons plus esclaves du péché... Vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez... Ayant été affranchis du péché... Et devenus esclaves de Dieu" Rom 7:14 : "Vendu au péché" Rom 8:15, 21 : "Vous n'avez pas reçu un esprit de servitude... Affranchie de la servitude de la corruption". 1Cor 6:10-12 : "... Je ne me laisserai asservir par rien" Gal 4:3, 9 : "Nous étions sous l'esclavage des principes élémentaires du monde... auxquels vous voulez vous asservir encore..." Gal 4:7, 30 : "Ainsi tu n'es plus esclave, mais fils" Col 3:5 : "Faites donc mourir ce qui dans vos membres, est terrestre..." Tite 3:3 : "Nous étions autrefois... asservis à toute espèce de convoitises" Es 40:2 ; 58:6 : "...Criez-lui que sa servitude est finie... Dénoue les liens de la servitude"
AU NIVEAU DU CORPS
Au niveau du corps, nos convoitises, nos addictions, nos esclavages proviennent de nos frustrations profondes (nous en reparlerons plus loin) :
convoitises alimentaires (Gal 5:21 : "Excès de table et choses semblables").
dépendance excessive aux médicaments.
convoitises et déviations sexuelles.
servitude du travail (ex. des enfants d'Israël. Exode 1:13; Jér. 34:11).
La dépendance au travail ou à la religion
A ce sujet je relève un article paru dans IDEA (Mars-avril 2001, n°3) intitulé "Branle-bas de combat chez Satan ! ", il dénonce le piège de la surinformation superficielle et de l'activisme chez les chrétiens. Satan a convoqué tous ses démons en une Convention Mondiale. Et voici quel a été son discours d'ouverture : "Nous ne pouvons pas empêcher les chrétiens d'aller au culte, ni de lire leur Bible et de connaître la vérité. Nous ne pouvons même pas empêcher qu'ils aient avec Dieu une relation intime, vivante et durable. Lorsqu'ils ont établi cette relation avec Jésus, nous n'avons plus de pouvoir sur eux. Alors, laissez-les aller dans leurs églises, qu'ils conservent leur mode de vie d'hier, mais dérobez-leur tout le temps qu'ils prendraient à maintenir cette relation avec Jésus-Christ. Voilà ce que j'attends de vous, mes anges ! Détournez-les de s'attacher à leur Sauveur pour maintenir cette relation vitale tout au long de la journée.
- Mais comment allons-nous pouvoir faire cela ? se récrièrent les démons.
Et Satan de répondre:
- Maintenez-les occupés aux choses non essentielles de la vie et inventez toutes sortes de projets pour occuper leur esprit. Amenez-les à dépenser, dépenser, dépenser sans cesse, et à emprunter de même. Persuadez les épouses qu'elles doivent travailler de longues heures hors du foyer, et aux maris de faire de même six ou sept jours par semaine avec dix ou douze heures quotidiennes : ainsi ils pourront se payer leur style de vie dérisoire. Empêchez-les de passer du temps avec leurs enfants. Lorsque la famille se brise, le foyer n'offre plus aucun antidote contre la pression du travail. Que leur esprit soit surexcité afin qu'il ne perçoive plus la douce et faible voix de Dieu. Incitez-les à faire marcher la radio ou les cassettes chaque fois qu'ils sont en voiture, que la télé ou leur ordinateur soient branchés en permanence et veillez à ce que les magasins et les restaurants diffusent sans arrêt une musique profane. Voilà qui encombrera leur esprit et interrompra leur union avec Christ. Que les tables des cafés soient couvertes de magazines et de quotidiens. Faites pression sur leurs pensées par la diffusion non-stop des nouvelles de la planète, et que les panneaux publicitaires attirent leurs pensées le long des routes. Saturez leur boîte aux lettres d'une publicité sans valeur, de loteries, de ventes bon marché et de toutes sortes de correspondances personnelles qui offrent gratuitement des services et des espérances trompeuses. Veillez à ce que ces magazines ne présentent que des modèles féminins sveltes et séduisants, pour que les maris finissent par croire que la beauté extérieure est importante : l'image de leur épouse deviendra vite décevante. Voilà qui ne manquera pas de faire rapidement éclater les familles. Que leurs week-ends même les conduisent à ces excès afin qu'ils en reviennent, non pas reposés, mais insatisfaits et mal préparés à assumer la semaine qui suit. Ne les laissez pas s'aventurer dans la nature où ils pourraient réfléchir aux merveilles de la création de Dieu, mais conduisez-les dans les parcs d'attraction, les rencontres sportives, les concerts ou les cinémas. Gardez-les constamment occupés, occupés, occupés. Et lorsqu'ils se réunissent pour des rencontres de communion fraternelle, détournez-les vers le bavardage et les propos futiles afin qu'ils s'en retournent avec des consciences troublées et des sentiments partagés. Allez plus loin ! Qu'ils s'engagent dans le témoignage mais remplissez leur vie de bonnes causes en si grand nombre qu'ils n'aient plus le temps de rechercher en Jésus leurs forces. Bientôt ils agiront avec leurs propres forces et sacrifieront santé et famille pour le succès de la cause choisie. Et ça marchera, soyez-en sûrs ! "
Ce fut une bonne Convention ! Les démons se sont lancés avec enthousiasme à l'action, rendant les chrétiens partout plus occupés, plus désireux de se précipiter dans l'action à droite et à gauche. Une question se pose maintenant : "En ce qui me concerne, les plans de Satan ont-ils réussi ?".
A chacun d'en juger pour lui-même !
(traduit et adapté de l'anglais par P.Guy).

La dépendance au travail ou à la religion est fréquente ; c'est une tentative d'établir notre valeur personnelle à travers nos actes, une tentative de plaire à Dieu et aux hommes par ce qu'on accomplit plutôt que par ce qu'on est. Derrière chaque "drogué du travail", il y a un enfant qui compense une mauvaise image de soi. Le travail peut nous rapprocher de Mammon et le chrétien peut aussi essayer de gagner la faveur de Dieu en pratiquant des rituels ou des bonnes œuvres ! La religion devient un but en soi plutôt que de dépendre de Dieu et d'être en relation avec Lui.
La dépendance à l’alcool
Alcool (de l'arabe "al kôhol"=le magicien ou les ténèbres) ou éthanol (l'élimination par le foie dépend de l'alcool-deshydrogénase).

Dans la Bible un homme de Dieu tel que Noé a été touché par ce problème (Genèse 9:18-39), de même que Lot (boisson et inceste ! Genèse 19:27-38). Les excès étaient fréquents chez les peuples idolâtres de l'antiquité:fêtes des dieux du vin Bacchus ou Dionysos ! Les jugements de Dieu étaient sévères dans l'Ancien Testament : la condamnation à mort ! Deut. 21:18-21 (fils rebelle, débauché et ivrogne); Es 5:11 ; 28:1 ; hab. 2:15 (malheur...); Prov. 20:1 ; Prov. 23:20, 29-35. Le naziréat était déjà un engagement, un vœu prononcé pour un temps plus ou moins long. Ex: Jean-Baptiste (Luc1:15) ; les Récabites qui s'engageaient dans l'abstinence par fidélité à leurs ancêtres (Jér. 35) ; les disciples dans l'église primitive (Eph. 5:18 ; 1Tim 3:3,8 ; Rom 14:21).

La France est le premier consommateur et 10% des gens ont un problème de dépendance à l'alcool (avec son cortège de drames, d'accidents - même si l'alcoolémie au volant à été abaissée à 0.5g/l - de foyers et de vies brisés...) !
L'alcoolique est celui qui a perdu toute liberté de s'abstenir de boire de l'alcool. Il représente 1 patient sur 5 chez le généraliste, qui est en première ligne pour le dépistage et le suivi de ces patients (qui souvent ne sont pas pris en charge).

4 situations de prise en charge :
le consommateur pose un problème de santé latent ou patent : HTA, dépression...
le consommateur pose un problème à des tiers (conjoint, famille, employeur, justice): alcoolisation aiguë ou répétée
le consommateur est incapable de contrôler sa consommation à long terme, et présente des troubles somatiques, biologiques, sociaux
la dépendance alcoolique est évidente et une réduction de consommation entraîne des signes de sevrage.
Le schéma de Van Dijk et Roussaux est utile :

1. enfance, adolescence : premier contact, stop ou 2
2. adolescence, adulte : usage expérimental, stop ou 3 c’est un alcoolisme de type1 (pseudo toxicomaniaque, consommation du week-end qui vise "la défonce")
3. adulte : usage intégré, stop ou 4 c’est un alcoolisme de type 1
4. adulte : usage nocif, stop ou 5 c’est un alcoolisme de type 2 (alcoolisme "inséré" 80% des consultants, cherchent un remède à leur fatigue, anxiété, dépressions, augmentent insensiblement leur consommation)
5. adulte : alcoolo dépendance c’est un alcoolisme de type 3 (alcoolisme "désinséré" avec troubles somato-psychiques graves, perte d'emploi, marginalisation, désocialisation)
+ apsychognosie : perte de la capacité de se voir, de se juger
+ asomatognosie : méconnaissance de son corps
+ anosognosie : dénégation des lésions organiques et déni de la dépendance
+ athanatognosie : méconnaissance de sa mort possible.

De 1 à 2g dans le sang on observe une excitation psychomotrice, au-dessus de 2g: une incoordination, après 3 g: c'est le stade du coma.

Les complications sont nombreuses à long terme: cirrhoses et cancers, polyradiculonévrites, délire de jalousie, démence, épilepsie et DT surtout en période de sevrage, overdoses... Quelle hérésie, lorsque nous "trinquons", de parler d'"apéritifs", de clamer en chœur "à votre santé", alors que l'alcool a été à l'origine de millions de morts !

On passe parfois très lentement de la consommation régulière bien tolérée à la prédépendance (augmentation de la consommation pour ressentir les mêmes effets. L'alcoolique n'aime pas le vin mais l'ivresse !) puis à la dépendance (c'est un processus lent et pernicieux : 10-15 ans, le craving est un besoin impérieux de consommer un produit, une tension intérieure énorme qui ne cède qu'après consommation) et à la déchéance.

On a défini l'alcool à ses différentes phases par trois couleurs : rose=plaisir, grise=refuge, noire=suicide.

Il y a aussi des conditions sociales favorisantes, un terrain familial... Ce produit désinhibiteur aide et soulage au début, procure une évasion, apaise les souffrances morales, permet d'oublier une mauvaise image de soi, puis tue plus ou moins rapidement. Cette consommation excessive est parfois secondaire à une phobie sociale, un état de stress post-traumatique, une dépression... C'est une quête d'absolu et de Paradis qui se transforme en enfer !

On nie longtemps que l'alcool est un problème, on a toujours des excuses pour boire (le travail, une fête, ma femme m'a quitté...), on reste seul avec sa culpabilité, son angoisse, sa solitude. Il convient de remettre ces personnes doucement devant la réalité (ils vivent dans le déni) et leurs responsabilités, sans juger (il ne gère plus les choses), en respectant leur intimité (ils doivent se sentir en confiance). Comme pour les autres drogues on retrouve la bipolarité jouissance-souffrance qui écartèle le malade-alcoolique. Depuis Pierre Fouquet, l'alcoolisme s'exprime en terme de maladie (pour ne pas aggraver une culpabilité déjà grande, même chez des personnes conviviales qui plaisantent souvent beaucoup), de dépendance, de perte de la liberté de s'abstenir d'alcool... avant 1950 on en parlait comme d'un péché.

La personne dépendante ne pourra jamais plus consommer d'alcool ! L'abstinence, mode de vie où l'alcool ne possède aucune place, n'est pas un but, - c'est vivre libre !, devenir soi-même et faire des choix personnels (si le sevrage doit être définitif, il est parfois utile de commencer par des engagements limités, à court terme) - mais un moyen, une première porte à ouvrir avant d'ouvrir les suivantes.
Savoir prendre du temps (beaucoup feront des rechutes, l'important, c'est de ne pas rester par terre, d'apprendre à résister aux situations frustrantes), écouter, accompagner (importance des inter-relations identificatoires, de l'empathie, des consultations spécialisées, des CHAA, des services d'alcoologie, des associations : les thérapies de groupe sont les plus appropriées pour un changement de comportements et de pensées, elles ont un rôle de prothèse externe " On boit souvent seul, mais l'on s'en sort à plusieurs"), aider devant la pression culturelle constante, aider la famille et le conjoint souvent exaspéré ou méfiant. Parfois besoin d'une post-cure avec un rythme de travail régulier, réapprentissage du goût d'autre chose, de l'appétit, de la nature ? Groupe de parole pour dire son histoire, apprendre à communiquer... réinsertion familiale et sociale. Dieu ne prend jamais une décision à notre place, mais rencontrer Dieu va changer des choses dans notre cœur, consulter est un acte d'humilité et de maturité.

La dépendance au tabac
Le tabac serait responsable de 30% des cancers et de 10% des décès (60000 décès par an en France). Selon des estimations de l'OMS les décès liés au tabac devraient tripler d'ici 25 ans (1997) pour atteindre 8,4 millions de morts chaque année dans le monde (le SIDA donnerait 1 à 1,7 millions à la même époque). Les personnes dépendantes du tabac (mesure possible avec un détecteur d'oxyde de carbone) meurent surtout de maladies cardiovasculaires (artérite, infarctus, AVC...), d'insuffisance respiratoire, et de cancer des voies aérodigestives supérieures. La nicotine entretient la dépendance, crée l'accoutumance et les goudrons - le benzopyrène en particulier - "bouchent" les artères, les poumons et sont cancérigènes.
La dépendance au café
On peut même être dépendant du café. Le sevrage produit alors des céphalées, une fatigue, une somnolence. La caféine traverse facilement le placenta et le lait maternel... Elle peut être nocive pendant la grossesse (si elle est supérieure à 300mg/J), elle peut affecter la fertilité et augmente le risque d'avortement spontané.
La dépendance aux drogues
Les drogues peuvent être classées en quatre groupes :
Psycholeptiques = (dépresseurs du SNC,calmants,sédatifs) ex. BZD-rohypnol, tranxène, neuroleptiques, barbituriques, hypnotiques, l'alcool ou éthanol; recherche de la paix ou de l'oubli, de l'ivresse.
psychoanaleptiques = (excitants, stimulants) ex. amphétamines, antidépresseurs, ecstasy, cocaïne (déjà en usage chez les Incas, il faudra augmenter les doses pour obtenir les mêmes effets d’accoutumance, le"crack" est de la cocaïne pratiquement pure), PCP ou phénylcyclidine ("angel dust") à l'origine d'agitation, confusion, distorsions visuelles et auditives, parfois convulsions, coma ou réaction dépressive ou psychotique, thé, café, tabac.
Psychodysleptiques = (hallucinogènes) ex. Hachisch (chanvre indien ou cannabis - le principe actif est le delta9 - tetrahydrocannabinol, il a une élimination très longue-connu des Scythes 5 siècles avant Jésus-Christ, des Derviches et de Baudelaire, provoque l'ivresse cannabique, perturbe les performances psychomotrices, démotive souvent du travail et des études...) LSD (alcaloïde de l'ergot de seigle, diéthylamide de l'acide lysergique), mescaline (extraite du peyotl, cactus du Mexique) ; psilocybine (qui provient d'un champignon du Mexique provoquant des états extatiques avec visions, glossolalie, amour fraternel...), kétamine (dissociation, coma, décès);on peut aussi y classer l'alcool.
analgésiques et euphorisants (opium-du pavot- et ses dérivés : héroïne, morphine-de Morphée, dieu du sommeil - ,codéine, méthadone-agoniste des récepteurs mu-,subutex-agoniste mu et antagoniste kappa 1 des récepteurs aux opioïdes...). Ces produits créent rapidement des dépendances physiques et psychologiques. Nietzsche était un morphinomane. La pilule de la jouissance et du bonheur n'existe pas.

Les mécanismes physiologiques de la dépendance:
Le cerveau comporte des circuits neurobiologiques de récompense similaires quelles que soient les substances incriminées ,du cannabis à la cocaïne en passant par la nicotine ou l'héroïne. Activation du système de Récompense-Renforcement du comportement. Les neurones dopaminergiques sont activés par la plupart des substances toxicomanogènes. L'approche biologique est certes capitale mais elle est forcément réductrice. Les facteurs de vulnérabilité individuels sont les plus importants, précise le professeur Simon. Nous essayons de démontrer que certains individus, après avoir consommé du cannabis, pourraient être plus sensibles que d'autres à l'héroïne, conclut le biologiste. La recherche du plaisir dérive parfois de manière incontrôlable vers l'enfer de la dépendance. Ainsi, la toxicomanie est proche du plaisir (augmentation de la dopamine, de la noradrénaline pour la cocaïne ou les amphétamines), par les sensations recherchées, mais aussi de la souffrance (diminution de la noradrénaline et des endorphines naturelles), par le syndrome de manque (cycle infernal : jouissance-souffrance). La zone du plaisir correspondrait à des structures riches en cellules nerveuses sécrétant de la dopamine (noyau accumbens et substance noire, système limbique, cortex frontal). Les symptômes du sevrage disparaîtront quand le cerveau recommencera à produire des endorphines (plus encore des enképhalines) et lorsque les récepteurs à la noradrénaline retrouveront leur sensibilité normale (la toxicomanie à la cocaïne pourrait éviter des rechutes avec un inhibiteur du glutamate:l'acide kynurénique. Les neurones glutamatergiques se situent principalement au niveau de l'hippocampe, zone de la mémoire et de l'envie). C'est cette diminution de sensibilité des récepteurs à la noradrénaline qui impose l'augmentation des doses pour maintenir les effets. Le catapressan agit sur la cause du manque ,en bloquant les récepteurs à la noradrénaline. La méthadone partage les mêmes récepteurs que les opiacés. Si une personne sous méthadone prend de l'héroïne, la place sur les récepteurs sera déjà occupée et la prise n'aura aucun effet. (d'après Catherine Martin-Impact médecin 386-21 11 97).

Les moyens thérapeutiques utilisés le plus souvent sont :
la cure de sevrage (catapressan1/2 comprimé toutes les deux heures 4/J pendant 5J puis 1/2/J pendant 15J +heptamyl 3/J ou tercian, viscéralgine forte - ou spasfon -, valium... sur une semaine - 2 ou 3 pour sevrage d'héroïne, méthadone ou BZD - travailler sur les motivations, parfois la musicothérapie est employée, une rupture totale avec le milieu est nécessaire, sans sorties et sans visites, on soigne un patient à la fois dans un service, pas d'injection ni perfusion, le sevrage est un deuil brutal avec le produit – sauf pour barbituriques et BZD -, les consommateurs de cocaïne sont souvent dépressifs dans les suites).
et la post-cure de consolidation (qui dure de 3 mois à un an, elle se passe souvent en milieu rural, on n'accepte pas plus de dix personnes par maison) qui prépare la réinsertion sociale.
L'accompagnement "en externe" des toxicomanes ne devrait pas se résumer à la substitution, utile dans certains cas pour éviter la délinquance (celle due à la drogue aurait baissé depuis 1997) et pour favoriser la resocialisation:
o 1997 : subutex (0.4-2-8-16mg -1g d'héroïne correspond environ à 8 mg de subutex, ce médicament commence à agir entre 4 et 6 heures, une prise par jour suffit, il n'y a pas d'overdose avec le subutex par contre l'association avec les BZD ou l'alcool peut être mortelle - arrêt respiratoire - !)
o 1994 : méthadone (agoniste pur en sirop épais qui ne s'injecte pas, délivré dans des centres agréés, le risque d'overdose existe, prescrit à la dose de 30 mg la première fois puis 40-50-60-80mg, parfois pendant des années, le relais par le médecin de ville est possible pour les personnes stables sans autres consommations, au-delà de 100mg il faut une autorisation de la DASS, diminuer de 5 mg tous les mois pour le sevrage, des entretiens sont nécessaires ainsi que des analyses d'urine de contrôle pour les opiacés chaque semaine-dans 50/100 des cas on retrouve une prise d'autres drogues:cocaïne, cannabis, BZD..., les prises ont lieu tous les jours sous contrôle pendant 2 à 3 semaines puis toutes les semaines;attention l'association avec le diantalvic est contre-indiquée ! La lévométhadone d'Allemagne est deux fois plus dosée : 40mg = 80mg de méthadone ! Dans ces situations il est nécessaire d'avoir une bonne relation entre les différents acteurs : médecin, pharmacien, psychologue, assistante sociale, éducateur, infirmière...)
Ces patients ont besoin d'un examen complet:
médical : l'état général est souvent médiocre
o dénutrition,
o "manque" - avec sueurs, fatigue, crampes abdominales, douleurs lombaires
o myosis ou mydriase, aspect buccodentaire très médiocre - dents cariées, herpès, mycoses
o souffle d'endocardite, bronchite, traces de coups, de phlébotomies ou d'injections
o même dans la région périnéale, hémorroïdes, base de la langue, veines des conjonctives
o lymphangite, abcès, gale, purpuras, tatouages—favorisant l'hépatite C
o adénopathies, splénomégalie, éthylisme, ictère, gros foie,
o examen gynéco : contraception, mycoses, herpès, papillovirus, chlamydiae
o examen biologique : hémogramme, sérologie hépatites B-C, HIV, protéinurie, hématurie, intradermo-réaction, radio du thorax .
psychologique et social
Le médecin ne doit pas se laisser instrumentaliser, manipuler et il doit le faire comprendre, se donner le temps et l'espace, poser des limites, sortir de l'immédiateté.
Lors du premier entretien il essaie d'apprivoiser la personne :
o il parle lentement et doucement avec les personnes agitées
o il écoute...
o il se renseigne sur les motifs de la consultation (manque, délit, entourage...on arrête pour soi et pas pour les autres).


La loi de 1970 stipule qu'une remise de peine peut être accordée à un toxicomane qui veut se faire désintoxiquer de manière anonyme et gratuite. Il est important de s'assurer de la motivation du patient pour toute consultation (la demande est-elle volontaire ou déguisée?)
sur la situation sociale (relation avec la famille, la"copine", mariage, concubinage, enfants, conditions d'habitat, niveau de formation, parcours scolaire, diplômes, service militaire, vie active, travail ou chômage, prise en charge par la sécurité sociale, dettes sociales et de toxicomane, aspect judiciaire, problème avec la police, les douanes, TIG...),
sur les antécédents psychiatriques (troubles de l'humeur, délires, TOC, phobies, antécédents familiaux, qualité du contact, trouble de l'attention, empathie, degré d'impulsivité, gestion de ses frustrations, angoisses, paniques, troubles du sommeil et de l'appétit, idées suicidaires, automatismes mentaux, étrangeté, déréalisation...le toxique correspond-il à une automédication ou le toxique entraîne-t-il des troubles psychiques ?)
puis sur les substances utilisées, depuis quand (histoire du patient : rupture de la petite enfance - maltraitance, abandon, parents absents ou alcooliques, place des grand-parents, dépression dans la famille, mésentente - tabac, alcool à 7-8 ans, cannabis à 12 ans, LSD, héroïne, ecstasy, médicaments, cocaïne à 14-15 ans...), comment (fumée, sniff, seringues - échanges ? - ),
les autres addictions-jeu, compulsions, les souhaits du patient (sevrage, substitution, post-cure),
a-t-il déjà fait des cures ? des rechutes ?...
Ils ont besoin d'un cadre strict (services hospitaliers externes spécialisés, consultations du généraliste-attention au nomadisme médical, réseaux, "relais", hébergement, centre d'accueil...), d'écoute, d'un espoir d'être entendus et non rejetés, de mettre en mot leur souffrance réelle ("de quoi souffrez-vous ? " plutôt que "que voulez-vous ? ", ils n'ont pas l'habitude de s'exprimer sur eux-mêmes), d'une certaine distance, refuser l'attitude rejetante et fusionnelle (les parents étaient souvent à la fois rejetants et fusionnels et leurs enfants recherchent toujours cette relation fusionnelle), l'accompagnant doit devenir un point de repère constant et fiable, il créé un climat de confiance et de loyauté. Ces personnes souvent angoissées, peuvent très vite devenir dépendantes des benzodiazépines (préférer les neuroleptiques, les régulateurs de l'humeur, les antidépresseurs). Une demande de cure de désintoxication doit se préparer , elle ne doit pas s'improviser dans l'urgence.
Au niveau de l'âme
Il y a deux composantes dans le psychisme:on retrouve l'aspect biologique dans la dépendance et la maladie mentale et l'aspect spirituel qui ne peut être soigné en profondeur que par Dieu :
fusion avec un être humain (parent, éducateur, psy...),fausses relations (1 Cor 7:23 : "Ne devenez pas esclaves des hommes", 2 Cor 11:20 : "Si quelqu'un vous asservit vous le supportez fort bien"). Besoin d'une nouvelle relation avec Dieu et les autres.
dépendance aux émotions négatives, plus faciles à gérer qu'une autre émotion plus violente (la tristesse ou la dépression peuvent être plus tolérables que la colère ou la violence qui risquent de nous faire perdre l'amour-les gens coléreux ne plaisent pas! - et l'attention des parents ou des autres). C'est le cas des petites filles violées qui ne peuvent pas se protéger et qui sacrifient leur colère (celle-ci est refoulée en profondeur et se dirigera tôt ou tard contre la victime), se laissent battre et violer;elles deviennent des victimes qui doivent plaire à leur bourreau. Besoin d'une vision nouvelle de la vérité, de l'amour et du pardon.
crainte de la mort source de servitude (Héb. 2:15). Besoin d'une foi nouvelle, de la certitude du salut.
assujettissement à l'argent et au jeu.

Là aussi on retrouve ,comme dans toutes les addictions, une impulsivité, une perte du contrôle et une recherche de sensations fortes. Le jeu pathologique est inscrit depuis 1980 au DSM3. Il existe aussi une association de "joueurs anonymes". C'est une addiction sans toxique chimique, avec véritable "syndrome de manque". En France, 400 000 personnes misent aux courses. Le Loto et autres jeux fournissent 11 à 15 millions de bordereaux chaque semaine, le budget était de 5.83 milliards de francs en 1991.15 000 personnes auraient un comportement pathologique. Il faudrait multiplier tous ces chiffres par trois pour l'Espagne.
On retrouve trois phases dans la vie du joueur :
o l'excitation des (ou du) premiers gains importants,
o puis les pertes de plus en plus fréquentes, de plus en plus considérables. Le joueur joue de plus en plus souvent et garde l'espoir obsédant de régler ses dettes, on parle "d'optimisme incurable".Cette phase peut durer de 5 à 25 ans.
o Et le désespoir:on joue toujours de manière frénétique, activités délictueuses, divorce, licenciement, poursuite judiciaire, emprisonnement, tentatives de suicide. Parmi cette frange de population ,on retrouve 76% de troubles dépressifs (comme les TOC , ils sont améliorés par les antidépresseurs sérotoninergiques - une rééducation comportementale - une thérapie de groupe et une approche cognitive:ne plus toujours croire que l'on va gagner - parfois une hospitalisation s'avère nécessaire). Sans être dépendants du jeu, Dieu permet parfois des difficultés financières pour dévoiler les idoles de notre cœur, pour nous libérer de l'attachement, de la dépendance, de l'esclavage aux choses et à l'argent... Il nous attire au désert pour parler à notre cœur (Osée 2), pour nous attirer plus près de Lui, pour être plus dépendants de Lui. Jér. 7:4 : "Ne vous confiez pas en des paroles trompeuses, en disant:c'est ici le temple de l'Eternel."
TOC : les troubles obsessionnels et compulsifs sont fréquents (2x plus chez la femme); ce sont des idées ,des représentations persistantes, des comportements, des impulsions faisant intrusion dan la conscience du sujet et qui sont reconnues comme excessives et absurdes (idées de tuer, d'être contaminé par des microbes, de vérifier, de compter ...). Les actes sont accomplis avec un sentiment de contrainte subjective allant de pair avec un désir de résister à la compulsion (au moins au début). Les phobies, comme tout autre trouble mental sont des craintes, des mensonges (des déplacements) dont on est esclave. Elles apparaissent dans les suites d' une faute, d'une expérience pénible, du départ d'un membre de la famille (divorce, décès), parfois on retrouve des parents surprotecteurs ou autoritaires, culpabilisants, perfectionnistes...
Au niveau spirituel

Superstitions, magie, idolâtries, religions, sectes... Satan rend esclave et dépendant de rituels, de gourous, d'idéologies, de démons..."Si le Christ vous affranchit, vous serez réellement libre". La foi en Lui et la repentance évacuent Satan de nos vies... La "délivrance" est un acte exceptionnel pour des victimes n'ayant plus aucun contrôle d'elles mêmes. Les causes et les remèdes de la dépendance (d'après Graham F.Hazell de Lifeline Ministries) :
les enfants livrés à eux-mêmes ,aux copains et à la rue, absence des parents ,d'éducation, de protection, d'amour, de discipline...
la solitude : la plupart des personnes piégées dans des liens d'esclavage pensent être seules dans leur problème;d'où l'intérêt des associations où l'on peut rencontrer d'autres personnes ayant les mêmes difficultés. Les ex-dépendants guéris sont des conseillers sur le chemin du changement et de la maturité.
une mauvaise conception des choses:vision erronée pour accéder au bonheur (Mat 5), mauvaise image de soi, de Dieu (Dieu absent, éliminé, distordu) et des autres, du monde... sources de désillusion, de solitude, de mort.
le refus d'accepter ce que je suis: un alcoolique, un drogué... dans les dépendances, maladie et péché sont étroitement liés (utiliser le terme dépendance ou esclavage est déjà une invitation à accepter notre responsabilité, le péché existe simultanément et la dépendance détruit la relation avec Dieu); il serait pourtant important de reconnaître la racine de nos problèmes, d'accepter notre responsabilité et notre culpabilité (nous ne sommes pas responsables de notre hérédité, de notre éducation, de ce que tout nous sommes-nous sommes à la fois victimes et coupables-,mais nous sommes responsables et coupables de ne pas croire en Jésus-Christ et de rejeter sa grâce), de sortir de nos dénis et de chercher une solution, une libération et faire notre part pour en sortir.
la quête d'une échappatoire, d'un soulagement à une douleur, une souffrance, une émotion (une manière de modifier la perception de la réalité pour la rendre plus facile à gérer); le désir d'un changement d'humeur instantané, immédiat:le dépendant s'adonne à la source du changement d'humeur (drogue, alcool) et, abandonnant tout le reste, en vient à adorer cet acte avec son corps, sa pensée, son esprit.
la recherche d'un paradis (de substitution... pas le vrai !). Dieu seul est amour, Il peut consoler et combler nos vides et nos besoins. Il libère, pardonne nos péchés, et conduit vers un avenir sûr et réel.
tout objet de notre dépendance devient un faux dieu, une contrefaçon de Dieu: l'idole est le centre de notre vie, la solution de nos besoins, elle prend la place de Dieu. "Gardez-vous des idoles" 1 Jean 5:21. Le premier commandement déclare : "Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face". Le vrai Dieu est notre valeur finale, la mesure de toutes choses. La dépendance nous détourne de Lui et maintient notre amour pour Lui et pour les autres incomplet.
Les facteurs contributifs de la désespérance (Prov. 18:14) sont aussi ceux de la dépendance (d'après une conférence du Dr G Newinger) :
o Les négligences et les insuffisances des parents à répondre aux besoins de l'enfant (à l'état normal de la vie:le bébé pleure ,sa mère s'en occupe...la satisfaction de bébé le connecte à ses émotions, lui donne confiance dans la vie, forge son espérance) créeront une personne centrée sur elle-même, solitaire, rejetée, insécurisée, craintive, qui ne peut plus s'ouvrir aux autres ni à l'avenir, sans espoir de changement, qui veut toujours faire quelque chose pour mériter l'amour des autres, manipulatrice ou tyrannique, toujours en manque car ses besoins profonds ne sont pas satisfaits.

o Les abus (physiques, verbaux, émotionnels, sexuels, spirituels...) et la violence détruisent la volonté de l'enfant incapable de s'opposer à l'agresseur ; qui est traité en objet, volé, trahi, piégé, déshumanisé, qui croit mériter l'abus et qui est incapable de faire confiance. Il est reconnu que si l'agresseur est plus puissant que l'agressé, ce dernier peut devenir déprimé, se sentir coupable du tort subi (s'il m'a fait cela, c'est que je ne vaux pas grand-chose).
o Les frustrations et les échecs répétitifs (Prov 13:12 : "Un espoir différé") peuvent nous rendre dépendants des autres, insatisfaits, recherchant leur approbation et leur gratification, leurs honneurs (si nous ne portons pas de fruits-olivier, figuier, vigne, nous cherchons à régner sur les autres - buisson d'épines - Juges 9:8-15), vivant dans la colère, l'illusion, l'hypocrisie, le mensonge (Jac. 1:20 : "La colère n'accomplit pas les oeuvres de Dieu" ; Mat. 23:25 : "Vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et au-dedans ils sont pleins de rapine et d'intempérance." = le fardeau de l'hypocrisie et du légalisme). Nous dépendons de nous-mêmes ou des autres et nous ne pouvons pas entrer dans les oeuvres de Dieu.
o Les pertes, les tristesses, les chagrins mettent à nu notre fragilité, elles révèlent parfois nos dépendances et nos idoles (Es 52:8 "Je ne donnerai pas ma gloire aux idoles"). Il faut être affligé avant d'être consolé ; faire le deuil de certaines personnes, d'un emploi, d'une fonction, de sa santé... (2 Cor 7:10 : tristesse selon le monde ou selon Dieu).
o La confusion (ex des rats de Pavlov qui reçoivent des décharges électriques et qui finissent par ne plus savoir que faire, qui tremblent, se replient et meurent). Le manque de références dû à l'humanisme et au relativisme produit le désespoir, l'effondrement de la famille et de la société ; il faut fuir la souffrance et la recherche du plaisir ou d'un simple apaisement devient l'occupation majeure (argent, sexe, drogues, délinquance...).
o La culpabilité (Ps 32:3) nous pousse à nous cacher, par honte. Tout ce dont nous avons honte devrait être confessé et partagé avec un conseiller pour éviter des difficultés relationnelles ultérieures. Ex de l'avortement banalisé:le deuil de perte d'enfant n'est pas fait (ce n'est qu'un amas de cellules), les parents gardent leur secret et se barricadent dans la solitude, ils anesthésient leur sensibilité douloureuse et émotionnelle, la fratrie vit dans ce climat de non-dit et de mort...
o Le mensonge (Jean 8:44) résume tous les problèmes précédents : négligences, abus, frustrations, tristesses, confusion, culpabilité.

L'acceptation de la réalité et de la vérité dans notre coeur peut nous affranchir de tout désespoir. Confesser comme David : "J'ai péché contre toi seul...Tu veux que la vérité soit au fond du coeur" (Ps 51:6,8). Prov. 15:15 : "Le coeur content est un festin perpétuel".
CONCLUSION
La solution est souvent un processus long et difficile, une collaboration entre Dieu et l'homme. Un poème décrit ce processus de rechute, de prise de conscience et de décision à se séparer de l'idole pour prendre un autre chemin :

« Je descends la rue en marchant
Il y a un gros trou dans le trottoir
Je tombe dedans
Je suis perdue...
Je suis sans espoir
Ce n'est pas ma faute, ça prend l'éternité
pour trouver un chemin pour en sortir.

Je descends la même rue en marchant
Il y a un gros trou dans le trottoir
Je prétends que je ne le vois pas
Je tombe dedans
Je ne peux pas croire que je suis au même endroit
Mais ce n'est pas ma faute
Cela prend encore un long temps pour en sortir.

Je descends la même rue en marchant
Il y a un gros trou dans le trottoir
Je vois qu'il est là
Je tombe encore dedans...
C'est une habitude, mes yeux sont ouverts, je sais où je suis
C'est ma faute Je sors immédiatement.

Je descends la même rue en marchant
Il y a un gros trou dans le trottoir
Je le contourne.
Je descends une autre rue en marchant. »
(Portia Nelson 1980)

La personne dépendante doit découvrir ce chemin nouveau :
affronter la réalité telle qu'elle est, cesser le déni de sa dépendance, (très peu de gens déclarent consciemment qu'ils sont intoxiqués) confesser et prendre la responsabilité de ses péchés, se repentir ("d'avoir aimé son plaisir plus que Dieu" 2 SIM. 3:4), accepter de mourir à soi-même, voir en face sa honte, son impuissance, sa culpabilité, ses désillusions de soi, son orgueil...dans l'humilité et la dignité d'êtres créés à "l'image de Dieu". Reconnaître sans se cacher: "je suis un drogué, un alcoolique" ! Ne plus se camoufler pour garder la face... Ne plus justifier ses conduites au nom de la convivialité, de ses obligations sociales. Ne plus minimiser sa consommation ou promettre de la réduire, tenter de se contrôler. Ne plus se culpabiliser pour un passé pardonné. Retrouver une image positive de soi sans substance chimique.
ne plus rester seul, c'est aussi une école d'humilité ! (le médecin ou celui qui accompagne doit faire preuve d'écoute, de tolérance, bienveillance, patience, compréhension, soutien, il s'abstient de juger de culpabiliser et encourage toujours à persévérer).
agir de manière responsable, avoir des projets de vie et reprendre des responsabilités, redécouvrir ses ressources personnelles, revaloriser son corps, retrouver un sens à sa vie, faire notre part (devenir libre est simple: ne le fait pas, refuse de le faire et continue de refuser de le faire) et croire à l'amour de Dieu:se tourner vers sa grâce, sa protection, sa direction... Il est la base de nos choix et de nos comportements; Il peut changer nos cœurs et nos vies ! (une thérapie peut seulement modifier le comportement).

La grâce est le seul espoir pour traiter la dépendance en profondeur, la seule puissance qui peut vaincre son effet destructeur. Aucune substitution, compréhension psychologique ou théologique, volonté humaine ne seront suffisantes. L'homme doit recevoir la grâce (don pour les coupables), le pardon, la force de Dieu pour vaincre la puissance du péché. La grâce est l'avocat invincible de la liberté et l'expression absolue de l'amour parfait. Nous sommes créés pour l'amour et la liberté, la grâce est le cadeau gratuit de Dieu à accepter. Nos dépendances remplissent les espaces où la grâce pourrait couler. Nous avons besoin de la participation de Dieu et de l'homme pour une reconstruction "à l'image de Dieu" : la puissance de la grâce coule pleinement quand la volonté humaine choisit d'agir en harmonie avec la volonté de Dieu.

La délivrance, c'est croire à l'amour de Dieu et recevoir sa grâce (Rom 5:5 "L'amour répandu dans notre coeur par le Saint-Esprit", un amour incarné qui redonne l'espérance), se laisser purifier du péché et du mensonge (de nos "solutions" humaines), se repentir, suivre la vérité libératrice, reconnaître ses blessures et chercher leur guérison (avoir un coeur brisé qui reçoit le pardon de Dieu et qui accorde le pardon aux autres et à soi-même), trouver la raison de notre dysfonctionnement (rappelons-nous aussi que nous ne connaissons les choses qu'en partie, que nous n'avons pas la réponse à tous les mystères - ex de Job que Dieu interroge:il n'aura pas de réponse à ses pourquoi mais il pourra dire "mon oeil t'a vu" - et que Dieu nous demande de lui faire confiance même si nous n'avons pas de réponse à nos questions). La repentance et la foi c'est le bonheur des "béatitudes" (être pauvres, inconsolables, insatisfaits, sans ressources personnelles mais"en marche" pour trouver sa joie en Dieu seul, être dépendants de Lui et de sa grâce) et non plus la quête sans fin d'un plaisir éphémère et insaisissable.