L'ADOLESCENCE


L'adolescence est l'époque de la vie qui se situe entre l'enfance, qu'elle continue, et l'âge adulte. Ses limites sont imprécises, et varient selon les sexes, les cultures, les civilisations.

L'adolescence est l'âge du changement. " Adolescence " signifie " grandir " en latin. L'adolescent n'est plus un enfant, mais n'est pas encore un adulte. Ce double mouvement : reniement de son enfance d'un côté, recherche d'un statut stable d'adulte de l'autre, constitue l'essence même de la " crise ", que tout adolescent traverse, de manière plus ou moins douloureuse. Les conflits, les passages à l'acte, les conduites d'opposition sont relativement courants et ne sont généralement pas significatifs d'une pathologie.

Ainsi, ce qu'on appelle crise de l'adolescence (ou crise juvénile) est un remaniement spontané de l'individu. Phase adaptative à l'évolution difficile, longue et perturbée, elle remet en cause à la fois l'équilibre psychique interne et les relations de l'individu avec l'extérieur.

Les transformations à cet âge s'opèrent dans plusieurs domaines :
Physiologique, corporel : Avec la puberté, le corps change très rapidement, l'adolescent doit réapprendre son corps, accepter qu'il change, que le corps " enfant " se transforme en corps " adulte ".
Intellectuel : L'adolescent a maintenant accès à la pensée abstraite et hypothético-déductive. Il devient autonome dans ses apprentissages et peut comprendre le monde par lui.
Psychique, affectif : L'adolescent doit s'adapter à ces nouveaux changements et doit gérer, d'un point de vue psychologique, la nouvelle image qu'il a du monde environnant et de lui-même. Notamment l'identité, le conflit oedipien, le travail de deuil, le processus de séparation-individuation.

Françoise DOLTO désigne la période adolescente par la nécessité de gérer au mieux le complexe du homard : " Les homards, quand ils changent de carapace, perdent d'abord l'ancienne et restent sans défense, le temps d'en fabriquer une nouvelle. Pendant ce temps-là, ils sont très en danger. Pour les ados, c'est un peu la même chose " (Dolto, 1989).

Conseils aux parents

Il n'y a pas de " recette " quant à la conduite à tenir face à l'adolescent ; chaque jeune vit cette période avec des sentiments qui lui sont tout à fait personnels. Cependant, il convient :
De pouvoir comprendre les difficultés relationnelles de l'adolescent ; comme l'expression d'une réelle souffrance, d'un " mal-être " qu'il n'arrive pas toujours à verbaliser.
De ne pas forcer l'adolescent à parler. L'inviter à dialoguer est une chose, le forcer en est une autre. Très souvent, l'adolescent ne sait pas, n'identifie pas l'origine de son mal-être ; il lui est donc impossible d'en parler, il n'a pas de mots pour traduire ce qu'il vit.
De respecter cette période où le jeune cherche à s'autonomiser et l'aider à devenir adulte et responsable. Ne plus s'adresser à lui comme à un enfant, mais comme un adulte à venir.
De respecter son intimité.
L'évocation d'idées suicidaires ne doit jamais être prise à la légère.

Aider son fils ou sa fille à traverser cette période de l'adolescence, c'est aussi accepter qu'il puisse se confier à un adulte de son choix et parfois extérieur à la famille, notamment dans différents centres de consultation :
Consultations psychologiques dans les hôpitaux publics
Centres Médico-Psycho-Pédagogiques (CMPP)
Espaces d'écoute ou Point Accueil Jeunes
Psychothérapeutes en cabinet privés.

Pour les parents désireux de mieux comprendre, il existe un livre :
" La souffrance psychique des adolescents et des jeunes adultes "
du Haut Comité de la Santé Publique - Rapport (Février 2000)
Éditions ENSP (École Nationale de la Santé Publique).

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