LA PERSONNE HANDICAPEE
L'ENFANT ET L'ADOLESCENT
À qui s'adresser ?
La Commission Départementale de l'Education Spéciale (CDES)
est l'organisme compétent pour évaluer le handicap des enfants
et adolescents jusqu'à l'âge de 20 ans et les orienter vers
les établissements adaptés à leurs besoins. Il existe
une CDES dans chaque département, en général dans la
ville où siège la préfecture. C'est là, ou à
la mairie, qu'on peut s'en procurer l'adresse. La CDES se réunit
au moins une fois par mois et entend les parents. La décision doit
être motivée et notifiée aux parents dans un délai
d'un mois.
Un médecin psychiatre, un centre médico-psycho-pédagogique
(CMPP) ou une assistante sociale de la mairie peuvent aider les parents
dans leurs démarches. Les parents peuvent aussi demander conseil
auprès d'une association pour personnes handicapées. Ces associations
sont répertoriées par département dans le " Guide
Néret pour les personnes handicapées ". ( Éditions
Lamarre).
Quelle orientation pour l'enfant handicapé ?
Il existe de nombreux services d'accompagnement et de soutien scolaire et
médical selon l'âge de l'enfant. Pour les enfants en âge
préscolaire, il existe des centres d'action médico-sociale
précoce chargés de dépister, de soigner ou de rééduquer
les enfants qui présentent des déficits sensoriels, moteurs
ou mentaux.
Pour l'enfant en âge scolaire, plusieurs possibilités sont
proposées :
Maintien dans le système
scolaire
Selon la loi, on s'efforcera, chaque fois que c'est possible, de maintenir
l'enfant en milieu ordinaire. Dans ce cas l'enseignement est complété
par un soutien spécifique. L'enfant peut aussi suivre un traitement
ou une rééducation et bénéficier d'un suivi
psychopédagogique.
Admission dans une classe
d'adaptation ou une classe d'éducation spéciale au sein d'un
établissement scolaire.
Orientation vers un établissement
spécialisé.
À quelle allocation les parents d'un enfant handicapé ont-ils
droit ?
C'est sur la décision de la CDES qu'une Allocation d'Éducation
Spéciale (l'A.E.S.) est versée à la famille du jeune
handicapé. Cette allocation dépend du taux d'incapacité
de l'enfant qui doit être égale au moins à 80 % ou être
comprise entre 50 et 80 % s'il est scolarisé dans un établissement
spécial ou nécessite des soins à domicile. Au 1er janvier
1997, le taux de l'AES était de 675 F par mois.
Le dépôt de la demande pour l'AES se fait auprès de
la caisse d'allocations familiales ou de
la mutualité sociale agricole.
L'ADULTE
Où s'adresser ?
Au delà de 20 ans, la personne handicapée doit s'adresser
à la Commission Technique d'Orientation et de Reclassement Professionnel
(COTOREP). La COTOREP décide de son orientation et évalue
l'importance de son handicap. Comme la CDES, cette commission existe dans
chaque département et se trouve le plus souvent dans la ville où
siège la préfecture. On peut obtenir son adresse à
la mairie. La COTOREP comprend deux sections :
La première section
statue sur la qualité de travailleurs handicapés, évalue
la capacité professionnelle, oriente vers telle ou telle filière
professionnelle.
La deuxième section
évalue le taux d'incapacité, décide de l'attribution
de la carte d'invalidité et des allocations, et, quand c'est nécessaire,
oriente la personne handicapée vers un établissement d'accueil
spécialisé.
Les décisions de la COTOREP ne sont pas définitives. Leur
durée de validité sont au maximum de 10 ans.
Comme dans le cas d'un enfant handicapé, les familles pourront trouver
conseil auprès d'un médecin psychiatre, des centres médico-psychologiques,
d'une assistante sociale ou encore d'une association pour personnes handicapées
de la région.
Dans tous les cas, si la personne handicapée nécessite un
placement dans une institution spécialisée, il est conseillé
d'entreprendre des recherches auprès de ces institutions et des associations
qui les gèrent, en dehors des démarches auprès de la
COTOREP. En effet, celle-ci décide d'une orientation, mais n'a pas
pouvoir pour attribuer une place. De plus, l'association concernée
pourra vous conseiller et vous aider pour constituer le dossier nécessaire
à la décision de la COTOREP.
Le statut de travailleur handicapé
Il est accordé par la COTOREP lorsque celle-ci reconnaît que
le handicap de la personne compromet ses chances de trouver de conserver
un emploi. Ce statut peut être refusé quand la personne est
jugée apte à travailler normalement ou au contraire, lorsque
son handicap est trop important pour la juger capable de travailler, même
en milieu protégé. Selon la gravité du handicap, le
travailleur handicapé peut appartenir à trois catégories
:
Catégorie A
: handicap léger ou temporaire qui doit permettre une adaptation
au travail dans un délai de deux ans maximum.
Catégorie B
: handicap modéré et durable entraînant une limitation
permanente de l'adaptation professionnelle.
Catégorie C
: handicap grave et définitif nécessitant un aménagement
important du poste de travail.
Le travailleur handicapé peut être orienté vers une
structure de travail protégé (atelier protégé,
centre d'aide par le travail, centre de distribution de travail à
domicile), vers le milieu ordinaire de travail ou vers une formation professionnelle.
La loi de 1987 prévoit que tout employeur occupant au moins vingt
salariés est tenu d'employer 6% de travailleurs handicapés
sur l'effectif total des salariés. Toutefois, cet objectif de 6%
n'est pas atteint actuellement, les employeurs pouvant avoir recours à
des alternatives (versement d'une contribution à l'A.G.E.F.I.P.H.,
contrat de sous-traitance avec des CAT, etc.)
De quelles allocations l'adulte handicapé peut-il bénéficier
?
L'Allocation Adulte
Handicapé (l'A.A.H.)
Si la COTOREP reconnaît à la personne un taux d'incapacité
au moins égale à 80% ou un taux d'incapacité d'au moins
50% assorti d'une impossibilité d'occuper un emploi, elle peut bénéficier
de l'Allocation Adulte Handicapé.
Le dépôt de la demande se fait auprès de la COTOREP,
de la Caisse d'Allocations Familiales ou de la Mutualité Sociale
Agricole du lieu de résidence.
Le montant de l'AAH est égal au montant mensuel du minimum vieillesse.
Les titulaires de l'AAH sont obligatoirement affiliés au régime
général de la Sécurité Sociale.
Si la personne handicapée exerce une activité professionnelle,
par exemple en CAT, le montant de l'AAH se cumule avec la garantie de ressources
(qui n'est pas exactement égale au salaire).
L'Allocation Compensatrice
pour Tierce Personne (l'A.C.T.P.)
Si la personne handicapée a besoin de l'aide d'une tierce personne
pour les actes de la vie courante, elle bénéficie d'une allocation
compensatrice pour tierce personne. Le montant de cette allocation varie
en fonction de l'aide dont la personne a besoin. De même, si son activité
professionnelle entraîne des frais supplémentaires liés
à son handicap, l'adulte handicapé peut bénéficier
d'une allocation compensatrice pour les frais professionnels.
La demande s'effectue auprès de la COTOREP ou du Centre Communal
d'Action Sociale (CCAS) du lieu de résidence.
DOCUMENTATION
" Guide Néret pour les personnes handicapées "
(Ed. Lamarre - 26 Avenue de l'Europe - BP 60 - 78141 VÉLIZY cedex).
Un outil très pratique, bien qu'un peu cher, il regroupe toutes les
adresses des associations par département.
" Personnes handicapées, droits et démarches "
(C. Hermange et A. Triomphe, Ed. CTNERHI, 1996)
QUELQUES
ADRESSES UTILES
APAJH (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés)
26 Rue du Chemin Vert
75541 PARIS cedex 11
01.48.07.25.88
Associations des Paralysés de France
17-21 Boulevard Auguste Blanqui
75013 PARIS
01.40.78.69.00
Comité National Français de Liaison pour la Réadaptation
des Handicapés
236bis Rue de Tolbiac
75007 PARIS
01.53.80.86.66
OCH (Office Chrétien des personnes Handicapés)
90 Avenue du Suffren
75738 PARIS cedex 15
01.53.69.44.30
UNAPEI (Union Nationale des Associations de Parents et amis d'Enfants Inadaptés)
15 Rue Coysevox
75018 PARIS
01.44.85.50.50