LA PERSONNE SDF
Les personnes sans abri ont toujours existé et, il y a fort à
parier qu'ils existeront toujours. Gens du Moyen âge, vagabonds des
temps modernes, on parlait déjà de 20 000 clochards dans Paris,
autour des années 50. Dans la décennie 80, la préfecture
de police annonçait 12 à 14 000 sans abri dans la capitale,
une association caritative relançait à 30 000, une ONG répliquait
à 60 000. En 1992, l'enquête du BIPE (Bureau d'Information
et de Prévisions Économiques) révélait 98 000
SDF stricto sensu en France.
Tous les jours, nous déplorons cette réalité et nous
y sommes encore plus sensibles l'hiver : des hommes, des femmes seules ou
avec enfant(s), des jeunes, des personnes âgées, des familles
(surtout étrangères) vivent dans la rue, et courent de ce
fait un grand danger.
Vivre à la rue n'entraîne pas obligatoirement la désocialisation,
même si la rue est en elle-même pathogène, c'est à
dire qu'elle expose l'individu à des dangers physiques bien sûr,
mais surtout psychiques. Les professionnels du travail social ont constaté
que lorsqu'une personne a passé 5 jours à la rue, il lui faut
5 semaines pour s'en remettre, et si c'est 5 semaines, il faut compter 5
mois, mais si c'est 5 mois, 5 longues années lui seront nécessaires
pour se réinsérer, retrouver une stabilité et vivre
normalement. Une certitude : jamais, jamais personne ne peut un jour avoir
choisi cette vie d'errance et d'exclus.
Qu'est-ce qui amène une personne à se retrouver à
la rue ?
Généralement, c'est une multitude de facteurs qui entraînent
la chute sociale, assortis très souvent d'une fragilité de
la personnalité due à une succession de misère, de
carences affectives profondes, d'échecs accumulés (scolaires,
professionnels, familiaux....) des difficultés constantes, de souffrances
d'humiliation...
Comment l'aider ?
L'interroger et l'écouter
pour évaluer son besoin immédiat et vital
A-t-elle faim ?
Est-elle blessée, malade, épuisée par la malnutrition
et le manque de sommeil ?
Souhaite-t-elle se laver, recevoir des vêtements propres ou plus chauds
?
A-t-elle besoin d'un hébergement pour la nuit ?
A-t-elle besoin de parler pour soulager sa souffrance de solitude et d'exclusion
?
etc.
Lui proposer alors de
l'aider en lui présentant les démarches immédiates
à effectuer. Attention beaucoup de personnes sans abri connaissent
parfaitement le réseau d'aide humanitaire d'urgence, et leur réaction
face à vos propositions peuvent vous surprendre.
Tenter de la convaincre
si elle manifeste une attitude de refus, mais respecter sa liberté
de choix.
Dans le cas où
la vie de la personne est en danger, contactez le SAMU, les pompiers, le
Samu Social qui peut intervenir rapidement.
Les réponses à l'urgence sociale : où s'informer
?
Le 115 : un numéro
de téléphone d'urgence fonctionnant sur le mode de découpage
départemental. Depuis septembre 1997, le numéro vert "Accueil
Sans-abri" (0800 306 306), est transformé en un même numéro
d'urgence à 3 chiffres : le 115.
Ce service a pour vocation d'informer et d'orienter par téléphone
les personnes et familles sans domicile fixe, les jeunes en errance, ou
encore les particuliers et les intervenants sociaux. Le 115 répond
en direct aux appels 24h sur 24, 7 jours sur 7, toute l'année. Le
115 est le premier maillon dans la chaîne qui va de l'accueil d'urgence
à la réinsertion sociale, il doit être l'occasion d'un
premier contact, attentif et humain. L'écoutant qui est une personne
appartenant à une association, à une institution sociale informe
les appelants sur l'hébergement d'urgence et les accueils de jour
dans le département, l'accès aux soins, l'hygiène,
l'aide alimentaire, ainsi que les services sociaux et les téléphonies
sociales.
Le Centre Communal d'Action
Sociale (mairie du lieu de domicile) vous indiquera les actions menées
par la municipalité.
Les associations engagées
dans la lutte contre l'exclusion, la marginalité, la délinquance
juvénile ...
Les hôpitaux :
il existe des consultations médicales sans rendez-vous pour les personnes
en situation de précarité (dans la plupart des hôpitaux
parisiens et peut-être en province)
Le CP (centre psychiatrique)
ou les consultations aux urgences psychiatriques de certains hôpitaux
pour les situations de crise psychiatrique.
Les appels SOS (amitié,
dépression, psychiatrie, suicide, enfance maltraitée, jeunes,
famille en péril, femmes battues, prostitution, alcool, sida, drogue.
Les ambassades et consulats
(pour les personnes sans-abri étrangères).