ENFANTS MALTRAITES OU VICTIMES D'ABUS SEXUELS
Chaque année, de nombreux enfants sont victimes de mauvais traitements
ou d'abus sexuels. Diverses études ont été faites,
mais ne permettent pas d'établir des statistiques officielles des
mauvais traitements.
En se basant sur des études faites auprès de services compétents
(services hospitaliers de pédiatrie, Protection Maternelle et Infantile,
Aide Sociale à l'Enfance, police, gendarmerie, tribunaux), on estime
qu'il y a en France 40 à 50.000 enfants maltraités chaque
année, et au moins 300 décès. Beaucoup de très
jeunes enfants (moins de 6 ans) sont concernés, d'autant plus qu'ils
ne savent discerner ce qui est normal et ne l'est pas, ni décrire
avec des mots ce qu'ils vivent.
Selon l'O.D.A.S. (Observatoire National de l'Action Sociale Décentralisée),
les principales formes de maltraitance sont :
les violences physiques
la cruauté mentale
: manifestations de rejet, de mépris, d'abandon affectif, exigences
éducatives disproportionnées.
les négligences
lourdes, par exemple : défaut de soins, intentionnel ou non, entraînant
des lésions physiques ou des troubles de l'état général.
les abus ou violences
sexuelles.
Beaucoup de ces mauvais traitements ne sont jamais révélés.
Ils ont lieu le plus souvent dans le cadre intra-familial, ou encore pour
les abus sexuels dans le secret, et l'enfant n'en montre pas à l'extérieur
de signes suffisamment évidents. En outre, habituellement, le silence
de l'enfant est acheté d'une manière ou d'une autre (culpabilisation,
menace, chantage affectif). Même, et surtout, lorsque ces mauvais
traitements ne sont pas révélés et que l'enfant est
seul à en porter le fardeau, ils ont toujours des conséquences
graves pour le développement ultérieur de l'enfant.
C'est un devoir pour chacun, à titre professionnel ou de simple citoyen,
d'être vigilant pour aider les enfants victimes et prévenir
de nouvelles situations de maltraitance.
Le signalement
Depuis la loi du 10 juillet 1989, ce sont les services départementaux
(en général l'Aide Sociale à l'Enfance, mais le nom
du service peut être différent suivant les départements)
qui ont pour mission d'organiser le recueil des informations relatives aux
mineurs maltraités.
En cas d'indices de mauvais traitements, un signalement devra être
fait aux services sociaux du secteur qui en référeront à
l'Aide Sociale à l'Enfance. Celle-ci pourra organiser une réunion
de tous les travailleurs médico-sociaux qui connaissent la famille
: médecins, puéricultrices, assistantes sociales, éducateurs,
psychologues, etc. afin de réfléchir ensemble et faire des
propositions d'aide en fonction de la gravité de la situation de
l'enfant et des conséquences possibles pour lui.
Dans les cas graves et urgents, le signalement pourra être fait directement
auprès de l'Inspecteur de l'Aide Sociale à l'Enfance qui prendra
des mesures d'urgence et alertera le Tribunal (service du Parquet), auprès
du Procureur de la République, ou des services de police ou de gendarmerie.
Pour faciliter les signalements et donner éventuellement les premiers
conseils, il existe un numéro vert national, joignable 24 heures
sur 24 : le 119.
Quelques associations, diversement implantées suivant les départements
(consulter les Conseils Généraux ou les Mairies), peuvent
apporter leur aide tant au niveau du signalement que des suites à
donner.
Les signalements doivent s'appuyer sur des faits réels, et non sur
de simples rumeurs ou suspicions : traces constatées par le médecin
scolaire, déclarations de l'enfant, rapport de témoins visuels,
etc. Mais il importe de rester attentif à d'autres signes, même
discrets, de maltraitance, tristesse anormale, peur panique de coups, chute
subite de l'investissement scolaire, troubles du sommeil, gestes ou vocabulaire
très sexualisés, etc.
Afin de protéger les enfants, même les personnes astreintes
au secret professionnel en sont déliées lorsqu'il s'agit de
signaler les sévices ou privations dont elles ont connaissance, commis
sur des mineurs de moins de 15 ans.
Les suites d'un signalement
Le signalement doit, d'une part, faire cesser la situation de maltraitance,
et d'autre part, permettre que soit donnée à l'enfant l'aide
nécessaire pour éviter autant que possible les conséquences
de cette maltraitance.
Suivant la gravité de la situation, une enquête pourra être
faite. Lorsque l'enfant aura été victime de sévices
graves, ou d'atteintes sexuelles, des poursuites pénales seront exercées
contre leurs auteurs qui pourront être condamnés.
En même temps, des mesures de protection seront prises pour l'enfant.
Il pourra être proposé une aide à l'enfant et à
sa famille, sous forme :
d'Action Éducative
en Milieu Ouvert exercée par l'Aide Sociale à l'Enfance, avec
l'accord de la famille (protection " administrative "),
d'Action Éducative
en Milieu Ouvert décidée par un Juge des Enfants (protection
" judiciaire "), et confiée à un service de la Protection
Judiciaire de la Jeunesse, un service privé habilité, ou encore
à l'Aide Sociale à l'Enfance.
du placement de l'enfant
chez un tiers digne de confiance, dans une famille d'accueil agréée
ou dans une structure éducative adaptée.
Mieux vaut prévenir
Les situations de maltraitance sont habituellement la conséquence
de difficultés sociales ou psychologiques des familles, personnes
ou même institutions qui ont la garde de l'enfant.
Communiquer avec ces familles, rompre leur isolement en leur permettant
d'entretenir des relations amicales, développer des réseaux
de relation entre les familles, peuvent contribuer à prévenir
les mauvais traitements à enfants. Cela leur permet d'échanger,
d'exprimer leurs difficultés et de recevoir des conseils concernant
l'éducation des enfants d'ami à ami, et non avec l'humiliation
de celui qui ignore devant celui qui sait.
En ce qui concerne les atteintes sexuelles, il faut savoir que 3 fois sur
4, elles sont commises soit de manière incestueuse, soit par des
personnes déjà connues de l'enfant : ami, voisin, membre de
sa famille ou de son entourage.
Il est fondamental d'apprendre à l'enfant dès son plus jeune
âge que son corps lui appartient et qu'il a le droit de refuser des
caresses qu'il ne souhaite pas recevoir. Il a le droit de mettre en question
l'autorité de certains adultes si ces adultes lui demandent ou lui
font des choses en cachette, même s'il s'agit d'un parent ou de quelqu'un
à qui il obéit habituellement.
Cette prévention doit être avant tout un souci de la famille,
mais cela ne suffit pas. Pour des raisons culturelles et psychologiques,
tout ce qui peut concerner de près ou de loin la sexualité
est extrêmement difficile à aborder dans le cadre familial.
C'est même impossible, évidemment, dans le cas d'inceste. Donc,
au minimum et même si cela revient en priorité à la
famille, il faut que tous ceux qui sont au contact d'enfants puissent participer
à cette prévention.
Avec beaucoup de prudence, avec un langage adapté pour ne pas choquer
les enfants, les enseignants, les animateurs, peuvent aussi mettre en garde
les enfants sur les risques qu'ils courent, sur la conduite à tenir
suivant les circonstances. En dehors du cas particulier de l'inceste, les
enfants parleront d'autant plus facilement à leurs parents de ces
problèmes, qu'ils sentiront que ce n'est pas un sujet tabou, puisque
d'autres adultes en parlent.
CONSEILS
PRATIQUES
Numéro National : 119
(appel gratuit 24h/24 pour tous, particuliers ou professionnels sur tout
le territoire français)
Aide, conseil, information, recueil de signalements, recueil de témoignages
de violences constatées ou présumées, indications sur
les démarches à effectuer, etc.
Association Enfance et Partage
40 Rue de la République
61200 ARGENTAN
Tél 02.33.67.11.95
Fax 02.33.39.34.72
Au niveau local ou départemental
| ASSISTANTE SOCIALE | peut
aider la famille peut évaluer la situation au domicile peut saisir les autorités compétentes |
| MEDECIN PMI | peut établir la réalité des violences et des carencespeut saisir si nécessaire le Procureur de la République |
| SERVICE DE SANTE SCOLAIRE | " voit " l'enfant en milieu scolairepeut, avec l'éclairage des enseignants, saisir si nécessaire le Procureur de la République |
| INSPECTEUR
DE L'AIDESOCIALE A L'ENFANCE (ASE) |
peut
fournir une aide à la famille peut exercer une action éducativepeut saisir si nécessaire le Procureur de la République |
| BRIGADE
DES MINEURS COMMISSARIAT GENDARMERIE |
en cas d'urgence, une permanence téléphonique et une intervention rapide sont assurées 24h/24peut saisir si nécessaire le Procureur de la République |
| SAMU
POMPIERS PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE JUGE DES ENFANTS |
en cas d'extrême urgencepeut hospitaliser 24/24en cas d'extrême urgencepeut hospitaliser ou placer 24h/24 |